Haikyo : des ruines en veux-tu, en voilà

Le mot Haikyo désigne à la fois les ruines et lieux abandonnés mais également le fait de les explorer. Je vous avais déjà présenté ce mot dans mon article sur Gunkanjima et encore une fois je vous conseille le recueil de photographie de Jordy Meow « Nippon no Haikyo : Vestiges d’un Japon oublié » (son site internet ici).

Les campagnes japonaises : un terrain de jeu propice au Haikyo

Dernièrement, je vous parlais de mon weekend sur les routes de la préfecture de Tottori – entre autres. Si Tottori est plus connue pour ses dunes de sables, je pense que cette région regorge aussi de Haikyo. Justement car c’est la préfecture la moins peuplée du Japon avec une densité moyenne d’environ 160 habitants au km² – on est vraiment très loin des 9000 habitants au km² de Tokyo.

Vous pensiez que le Japon tout le monde se marchait dessus ? Oui mais non. J’ai d’ailleurs déjà eu la remarque : « On voit toujours des ruelles désertes sur tes photos ». Bon ça c’est surtout parce que mon côté agoraphobe me pousse à éviter les endroits trop bondés. Blague à part, il faut savoir que la population se concentre principalement dans les grandes villes et que les campagnes se font de plus en plus désertes.

En fait, les agglomérations de Tokyo, Osaka et Nagoya représente plus de la moitié de la population japonaise tandis que les zones rurales ne comptent que 6% de la population. Quand on s’aventure dans la campagne japonaise – à 30 min de train de Nagoya par exemple ça suffit – on se retrouve vite seul au monde.

Les Haikyo, témoins du Japon d’autrefois

Ajoutez à ça une modernisation accélérée du pays après-guerre, une montée en flèche du niveau de vie, une diversification des loisirs, une bulle économique ainsi que deux crises financières pour faire exploser le tout ou même des catastrophes naturelles et vous vous retrouverez avec des lieux abandonnés divers et variés, comme laissés en plan du jour au lendemain. Des villages entiers comme à Gunkanjima l’île fantôme, des parcs d’attractions comme au Nara Dreamland, des bowlings, hôtels, restaurants ou des écoles.

Des Haikyo respectés et protégés ?

Même si je ne suis qu’une appréciatrice de loin – je me limite à regarder les photos mais je n’ai pas encore trouvé le courage de me rendre de nuit et d’explorer à 100% ce genre de lieu. J’ai bien l’impression que le Haikyo revêt une dimension toute particulière au Japon. D’après ce que j’ai pu lire et du peu que j’ai pu voir les Haikyo sont assez bien conservés au Japon. Quand je vois un bâtiment abandonné en France, il est soit squatté soit complètement muré. Mais en un an dans au Japon, j’ai pu croiser au cours de mes ballades différents Haikyo faciles d’accès – vraiment, au détour d’une route.

Alors, les Haikyo seraient-ils des témoins de préceptes bouddhiques et shintoïstes ? Impermanence de toute chose,  réincarnation ou transformation en esprit au centième anniversaire ? En tout cas durant ce weekend sur les routes nous nous sommes amusés comme des petits fous à photographier ces lieux abandonnés qui se sont mis sur notre chemin.

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