Parce qu’il y a des jours comme ça – Seki

Tout commence un jeudi après-midi à la B.U

La concentration n’est pas au rendez-vous et avec Alix on finit par organiser les vacances plutôt que de bosser. On est plutôt satisfaite, en un an au Japon on aura réussi à faire pratiquement tout ce qu’on voulait faire. Tout sauf une chose : aller à Seki, ville réputée pour la fabrication de sabres, couteaux et autres outils coupant. Mince alors, on peut bien se caser une journée pour y aller.

« Ce weekend-là t’es libre ?

– Non, je suis invitée chez une amie japonaise.

– Zut, et ce weekend là je suis à Osaka. T’as pas une journée en semaine sinon ?

– Ben je sais pas, ça peut se faire mais ça va être dur.

– Bon bah, samedi alors ?

– J’ai le JLPT dimanche mais bon j’avais pas prévu de réviser la veille de toute façon.

– Samedi 8h ?

– Allez ! »

C’est comme ça que s’est décidée sur un coup de tête à passer une journée à Seki. La journée commençait pourtant bien. Il faisait beau – ce qui est déjà un gros pari en soi pendant la saison des pluies – et la motivation était au maximum. Dans le train, on regardait le paysage avec un sourire jusqu’aux oreilles, impatientes d’arriver à Seki.

Mais voilà, assez rapidement les évènements ont pris une tournure différente

Dans le train entre Gifu et Mino-Ôta, un vieux japonais ne nous lâche pas du regard pendant 10 minutes – un peu flippant. Alix râle pendant que j’essaye de relativiser tout en me cachant derrière mon manuel de japonais. Il finira tout de même par s’endormir pour notre plus grand soulagement.

Arrivée à Seki, je me rends compte qu’après avoir tout bien préparé, j’ai tout simplement oublié mon appareil photo sur mon bureau. Après m’être maudites pendant deux minutes, je me raisonne, « bon c’est pas grave j’utiliserais les photos d’Alix ». Direction donc, le bureau d’information pour voir les horaires de bus et choper des infos.

Objectifs du jour

  • Voir la pêche avec les cormorans (Ukai)
  • Voir les démonstrations de forge de sabre
  • Aller à l’étang de Monet.

Le programme était ambitieux, mais pas trop

En tout cas, on n’en verra même pas une miette.

La pêche avec les cormorans commence au coucher du soleil, avec les passages de train et de bus qui finissent tôt, difficile de revenir sur Nagoya le soir même. En arrivant au Musée de la tradition du sabre on se rend compte qu’il n’y a pas de démonstration le jour même mais le lendemain ! Et finalement, lorsqu’on demande comment se rendre à l’étang de Monet, on nous dit que c’est à 40 minutes de taxi ou 1 heure de bus sachant que le bus ne nous dépose pas au lieu même. Bref, c’est compliqué et le monsieur nous fait bien comprendre que ce n’est pas envisageable d’y aller en bus en partant à cette heure-ci. Et fauchées qu’on est, on ne va pas payer 10 000 yen de taxi.

On ressort dégoutée du Musée, quand un journaliste nous aborde.

Naïves qu’on est on croit qu’il nous propose de nous emmener. Mais non, il veut juste nous interviewer. Et au passage il nous montre les photos qu’il a prises le matin même ! On ne s’avoue tout de même pas vaincues et cela nous donne une idée.

On va faire du stop

Il est 16h. Après un passage au conbini pour acheter un marqueur, on se met au bord de la route avec nos « pancartes ».

Mais faire du stop c’est une activité qui demande de la patience, un bon timing et de la stratégie. On n’avait rien de tout ça. Après 30 minutes infructueuses, on décide qu’il est trop tard et temps de rentrer à la maison. Arrivée à 20h à la résidence.

Parce qu’il faut tout de même voir le bon côté des choses

  • Des belles photos prises par-ci, par-là
  • Une pastèque, des tomates et des aubergines achetés à prix cassé – mais au prix de l’aller-retour en train ça fait cher la pastèque.
  • Des zori en tissus japonais qui serviront de chaussons pour la maison
  • Une sortie qui nous a permis de nous aérer la tête
  • Un trajet dans un petit train de campagne ultra-chou

Moralité

Quand t’as un examen le lendemain, tais-toi et reste chez toi à réviser.

1 Comment
Previous Post
Next Post